La faute aux conservatismes...
J'ose meme pas regarder la date du dernier post publié...
Oui ! Je le confesse, j'ai osé l'inacceptable : J'AI ABANDONNE MON BLOG plusieurs semaines. C'est vrai, je suis un blogger défaillant du point de vue de la web-moralité, et je mérite sans doute tous les chatiments de la toile. Comment ais-je pu détourner mon attention à ce point du sacro-saint dogme de la blogosphère : "Un post tous les jours, tu publieras... sinon tes lecteurs, tu pleureras" ?
Je pourrais vous sortir l'excuse de la thèse, ou encore celle de la campagne municipale - toutes deux tout à fait pertinentes, je vous le garanti (!!) - mais en fait, la vraie raison est plus simple (et sans doute plus condamnable) : je n'avais pas envie d'écrire. Le vide. Le culte hérétique de l'écran blanc. La dévotion diabolique du silence. Et pourtant, depuis le début de ma "grève-du-clavier", il n'y a pas eu un jour sans que des ames compatissantes (parfois un brin web-évangélistes) n'aient tenté de me sortir de mon état : "sérieux, tu devrais publier quelque chose... n'importe quoi... juste pour générer du trafic, au moins ça"... "t'as pas peur de perdre tes flux ??"..."qu'est-ce que tu fous avec ton blog ? tu te web-suicide la !" (véridique !).
Ben non ! Je n'avais pas envie d'écrire. Ni sur Medvé, ni sur Joissains, ni meme sur la chute de popularité de Nicolas Sarkozy (note de l'auteur à ses amis qui ont voté Sarko : "ok...ok... je vous avais pas dit que ca viendrait aussi vite, j'aurais du (mdr !!!)".
D'autres l'ont d'ailleurs remarquablement bien fait, pour certains sans le savoir et à contre-sens de leurs convictions... pourquoi en rajouter ?
Et puis que dire de plus sinon que ces municipales reflètent parfaitement la situation politique nationale : une droite officielle de plus en plus faussement schizophrénique - un jour Dr Social, un autre Mr Sécuritaire - qui a visiblement oublié le sens des mots "bilan", "projet" (... et hélas, parfois, "respect") ; une gauche officielle elle aussi schizophrénique (mais là, réellement), doublement hantée par le spectre de la Main Invisible (du marché) et le Léviathan européen, et qui ne sait plus très bien si elle doit accepter ou refuser l'idée du capitalisme (!!!!!!!) ; et entre les deux, l'espoir... :)
Je me suis posé la mauvaise question, en fait. Plutot que de me demander quoi écrire à l'écran, j'aurais du me demander pourquoi je ne parvenais pas à écrire.
La réponse me parait évidente, ce soir : nous sommes collectivement affectés par les pensées conservatistes !!! Qu'ils soient de droite, de gauche, élyséens ou économiques, sociaux ou littéraires, médiatiques ou corporatistes (n'oublions pas religieuses aussi), tous ces conservatismes nous construisent une chappe de plomb sous laquelle nous croulons... comme des imbéciles passifs dénués de volonté (moi étant le premier d'entre nous).
Je déconne pas ! Tous les matins, les radios nous annoncent les mauvaises nouvelles du jour : les flirts avec la Scientologie, Jérome Kerviel, la visite de l'homme-qui-plante-sa-tente-dans-le-jardin-de-Sarkozy, la dernière attaque contre le système social français, les réformes "Dati"... et ca tourne en boucle toute la journée : dans les journaux locaux, dans les journaux gratuits, au JT du 13 heures, sur les blogs, au JT de 20 heures, dans les émissions politiques, les reportages, les chroniques dans les émissions de variété, les déclarations de Johnny et Laetitia Hallyday...
Il y en a tellement, des conservatismes qui nous tombent dessus dès le matin. C'est un buzz permanent, incessant, qui nous souffle à l'inconscient toutes les choses que l'on s'apprète à transformer, qui endors notre vigilence, qui nous rend dociles face à l'actualité.
Et au cas où il y aurait des récalcitrants, on nous programme des "Star Academy", des "Combien ça coute", des "Sans aucun doute", des "Roues de la fortune", des "C'est quoi l'amour" et autres "Appels d'urgence" (pour ceux qui ne regardent pas TF1, ils ont droit à "Toute une histoire" sur France 2)... hypnotique !!
Occuper "les temps de cerveaux humains disponibles" grace aux médias (tiens, tiens, combien de copains Nicolas Sarkozy ont investi le monde des médias depuis la campagne des présidentielles ?), c'est une ficelle pourtant bien connue de toutes les expériences conservatrices de l'Histoire.
Et pendant ce temps là, on s'apprète à réformer les rapports entre l'Etat et les religions (conservatisme religieux), à renforcer la dimension répressive de la justice (conservatisme pénal), à réduire le modèle social (conservatisme économique), à accroitre la personnalisation du pouvoir exécutif (conservatisme institutionnel)...
La chute de popularité de Nicolas Sarkozy ne dit pas autre chose : la France grogne à cause de la dose massive de conservatisme qu'on lui injecte au quotidien, et non parce qu'elle est conservatrice par nature et donc réfractaire au progrès sarkozistes...
Et si les gens ne se réfugient pas dans les bras des socialistes, c'est avant tout parce que le PS reste ancré dans ses dogmes ancestraux - l'Union de la gauche, la critique anticapitalistique, la discipline partisane.
Ce ras-le-bol anti-conservateurs est partout palpable dans cette municipale. Ceux qui se satisfont des mauvais bilans, ceux qui ont recours aux vieilles pratiques partisanes pour assoier leur légitimité, ceux encore qui considèrent que les vieilles idéologies génèrent toujours de l'espoir... tous ceux-là se heurtent au rejet des Aixois.
Il y a une sorte de "contre-culture" aixoise qui est entrain de renaitre. La Ville comprend qu'au-delà des hommes et des femmes politiques, il faut avant tout renouveler les idées. Il faut un regard neuf sur les dossiers. Il faut instaurer d'autres rapports entre les élus et les Aixois. Il faut etre disponible à leurs attentes et leurs besoins. Il faut apporter des réponses innovantes et ambitieuses, dans tous les domaines. Il faut surtout moins penser en responsable politique, et plus en Aixois.
En fait, je crois que si je n'ai pas écrit depuis aussi longtemps sur mon blog, c'est parce que la thèse et la campagne (de terrain) sont pour moi les principaux moyens de résistance contre le retour des conservatismes. Non pas que je veuille relativiser excessivement la portée de l'expression bloggesque... mais un peu quand meme.
Alors voila. J'avais bien une chose à écrire ce soir. (clairon, tambour : NON AUX CONSERVATISMES... A AIX ET AILLEURS ! OSONS LA CONTRE-CULTURE !! (mdr)
Certains diront que pour écrire ca, j'aurais mieux fait de rester silencieux. Il ont peut-etre raison, je m'en fiche. Je fais encore ce que je veux, sur MON blog... :)
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