Pourquoi la perspective d'une "récession économique" est peut-etre finalement une bonne nouvelle...

("J'admire ces gens qui sont capables d'anticiper une récession")
Que les choses soient bien claires : il est interdit, en France, de prononcer le mot "récession", sous peine d'etre fiché par le Gouvernement comme un honteux opposant à la toute puissance Sarkozienne. Tout au plus, peut-on parler de "ralentissement économique", et encore... C'est pourtant bien ce que nous sommes entrain de vivre aujourd'hui. Et il se pourrait meme que nous entrions, à court terme, dans une phase de "dépression économique". A moins de nous faire croire que la crise - à l'instar du nuage de Tchernobyl dans les années 1980 - refusera de traverser la frontière française, l'on voit mal comment Matignon pourra nous cacher longtemps la réalité. Arretons la politique de l'autruche : la récession est une réalité qu'il nous faut regarder en face, sereinement, comme celà se fait d'ailleurs partout en Europe.
Biensur, à court et moyen termes, la perspective d'une récession n'est pas une bonne nouvelle. Il y aura des conséquences sur l'emploi, sur le pouvoir d'achat et sur l'ensemble du modèle social français. Et si l'on prend en compte toutes les mesures économiques qui ont été imposées depuis un an - et particulièrement le "Paquet fiscal" - il est à craindre que les conséquences sociales de la crise se feront plus durement ressentir ici qu'ailleurs. Nous allons payer cher le manque d'anticipation du Gouvernement. Et si l'on en croit les déclarations actuelles de notre Premier-ministre et de notre Ministre de l'Economie, nous n'en avons pas fini avec les "bourdes" économiques et sociales (hélas).
Mais essayons, un instant, de prendre un peu de recul par rapport à tout celà. Quelle est donc la signification profonde de cette récession ? Vers quoi nous conduit-elle ? Est-elle réellement une si mauvaise nouvelle que celà ? Pour répondre à ces questions, il faut essayer de comprendre objectivement comment fonctionne le système capitaliste.
Le mécanisme de base du capitalisme est ce que l'on appelle le "cricuit économique". Pour simplifier : sur un marché donné, les agents économiques vendent et achètent des produits, et par le jeu de la libre concurrence, les prix s'adaptent pour que l'offre rejoigne la demande (efficience de l'allocation des ressources). Le fonctionnement du "circuit économique" n'entraine aucune évolution du système : les méthodes de production et les pratiques de consommation restent les memes.
En fait, ce qui permet l'évolution, c'est l'innovation dont font preuve les agents économiques. Ces derniers cherchent évidemment à créer du profit, mais ils sont également motivés par d'autres considérations (pas toujours économiques d'ailleurs, et heureusement). Et ce mélange très particulier (et personnel) engendre soit un nouveau produit, soit une nouvelle méthode de production, soit un nouveau marché, soit l'acquisition d'une nouvelle matière première, soit encore une nouvelle organisation du travail. Or toutes ces nouveautés ont pour principal effet de briser la routine du circuit économique. En d'autres termes, l'innovation permet de transformer le système sur un plan structurel et qualitatif. Elle est le moteur essentiel de notre "mode de développement".
Ce que l'économiste Joseph Schumpeter nous apprend est que les évolutions engendrées par l'innovation ne sont pas linéaires. Elles se font de manière heurtée et discontinue. En deux mots, lorsque des innovations apparaissent, elles donnent naissance à une phase de prospérité : les entrepreneurs innovants investissent, les marchés s'adaptent aux nouveautés, et ceux qui ne peuvent (ou ne veulent) suivre la marche de l'innovation enregistrent des pertes, voire disparaissent. Puis, une fois que le système économique s'est adapté à la dernière vague d'innovation, il rentre dans une phase de récession : les investissements cessent parce que les nouveautés sont maitrisées et généralisées, les débouchés se raréfient, la consommation ralentit, les entreprises les moins performantes disparaissent. Pour Schumpeter, la récession est le signal qu'une nouvelle vague d'innovation est nécessaire pour faire évoluer de nouveau - sur les plans qualitatifs et structurels - le système économique.
En d'autres termes, le capitalisme a horreur de la stagnation. Dès qu'il maitrise une nouvelle technologie ou une nouvelle technique, il ressent le besoin de passer immédiatement à autre chose. Et si les entrepreneurs ne lui apportent pas satisfaction par l'innovation, le système rentre en crise.
Je viens sans doute de résumer de manière trop simpliste des processus qui ne le sont absolument pas. Chaque crise est particulière, et s'il est exact de dire que les cycles de l'économie se reproduisent toujours dans leurs grandes lignes, ils ne sont jamais parfaitement identitiques.
Pour autant, l'analyse de Schumpeter (dont on ne peut quand meme pas dire qu'il ne maitrise pas son sujet) vient conforter ce que nous, écologistes de CAP 21, disons depuis toujours : la configuration actuelle du capitalisme - marquée par la consommation de masse, le recours aux énergies fossiles, la pratique excessive d'activités polluantes, etc... - touche à son terme. Et si nous entrons aujourd'hui en période de récession, c'est bien le signe (économique, cette fois) que le système est à bout de souffle.
La solution est donc devant nous. Nous sommes condamnés à INNOVER. Nous devons accepter l'idée d'en finir avec les marchés traditionnels, de nous séparer des méthodes traditionnelles de production, de lancer des nouveaux produits, d'adapter nos institutions et nos politiques publiques aux mutations contemporaines du capitalisme.
Contrairement à ce qu'avancent les "gauches" rétrogrades et anti-capitalistes, le problème ne vient pas de notre système. Il vient de la manière dont nous nous servons de notre système. Nous sommes collectivement responsables des crises que nous subissons, parce que nous refusons depuis 20 ans de changer notre rapport à l'économie et à l'industrie. Nos gouvernements (et donc nous, en tant qu'électeurs) avons systématiquement sous-estimé les premiers signaux écologiques et sanitaires qui nous indiquaient que le système était en train de "planter". Aujourd'hui, nous sommes contraints - le Gouvernement est contraint - de prendre très au sérieux le signal économique qui vient d'apparaitre. Mieux vaut tard que jamais.
La perspective de la récession est donc peut etre une bonne nouvelle, finalement. Car pour s'en sortir, nous allons devoir changer le système économique sur le plan qualitatif. Et si nous parvenons à innover dans le sens du respect des Hommes et de l'environnement, nos sociétés pourront enfin engager un véritable "développement soutenable".
Reste à savoir si nos gouvernants et nos entrepreneurs ont réellement envie d'innover dans cet état d'esprit. Vont-ils enfin investir massivement dans les énergies renouvelables (dont je rappelle au passage que l'énergie nucléaire n'en fait pas partie !!), dans l'économie sociale et solidaire, dans l'éco-urbanisme, dans l'agriculture biologique et raisonnée, dans les transports sains, dans l'économie hydogène, dans la Recherche fondamentale... ?? Rien n'est moins sur, hélas.
J'en tire donc une conclusion politique, qui certes ne surprendra personne au regard de mes engagements, mais qui me semble s'imposer comme une évidence : les Français ont besoin plus que jamais des écologistes pour les aider à sortir "par le haut" de la récession. Seuls les écolos sont capables, aujourd'hui, de pousser l'innovation vers le viable (équilibre entre l'écologique et l'économique), vers le vivable (équilibre entre l'écologique et le social) et vers l'équitable (équilibre entre le social et l'économique). Nous avons déjà les solutions. Il suffit de nous donner l'occasion de les mettre en oeuvre.
Une mise en garde toutefois. Si la France à besoin des écologistes, elle n'a pas besoin de tous les écologistes. Car certains d'entre nous sont tellement obsédés par l'analyse anti-capitaliste (je pense particulièrement aux amis de Cécile DUFLOT, actuelle n°1 des Verts) qu'ils dressent le mauvais diagnostic de la situation économique actuelle. Il faut donc que les électeurs soient attentifs aux discours des uns et des autres.
En d'autres termes, nous devons apprendre à etre RESPONSABLES en tant qu'électeurs. Nous ne devons pas faire nos choix en fonction d'une étiquette politique, mais en fonction des discours et des propositions qui nous sont faits. La période de récession qui se dresse devant nous nous invite à nous impliquer davantage dans la manière de faire évoluer le système économique. Elle nous invite également à etre extremement vigilents à l'égard de ceux que l'on portera au pouvoir pour résoudre les crises.
La récession n'est pas une fatalité. Elle est avant tout un défi à l'innovation. A nous de le relever, de la façon la plus intelligente possible, aussi bien du point de vue économique que politique. La prospérité est au bout du chemin... attention toutefois à ne pas prendre le mauvais.
Biensur, à court et moyen termes, la perspective d'une récession n'est pas une bonne nouvelle. Il y aura des conséquences sur l'emploi, sur le pouvoir d'achat et sur l'ensemble du modèle social français. Et si l'on prend en compte toutes les mesures économiques qui ont été imposées depuis un an - et particulièrement le "Paquet fiscal" - il est à craindre que les conséquences sociales de la crise se feront plus durement ressentir ici qu'ailleurs. Nous allons payer cher le manque d'anticipation du Gouvernement. Et si l'on en croit les déclarations actuelles de notre Premier-ministre et de notre Ministre de l'Economie, nous n'en avons pas fini avec les "bourdes" économiques et sociales (hélas).
Mais essayons, un instant, de prendre un peu de recul par rapport à tout celà. Quelle est donc la signification profonde de cette récession ? Vers quoi nous conduit-elle ? Est-elle réellement une si mauvaise nouvelle que celà ? Pour répondre à ces questions, il faut essayer de comprendre objectivement comment fonctionne le système capitaliste.
Le mécanisme de base du capitalisme est ce que l'on appelle le "cricuit économique". Pour simplifier : sur un marché donné, les agents économiques vendent et achètent des produits, et par le jeu de la libre concurrence, les prix s'adaptent pour que l'offre rejoigne la demande (efficience de l'allocation des ressources). Le fonctionnement du "circuit économique" n'entraine aucune évolution du système : les méthodes de production et les pratiques de consommation restent les memes.
En fait, ce qui permet l'évolution, c'est l'innovation dont font preuve les agents économiques. Ces derniers cherchent évidemment à créer du profit, mais ils sont également motivés par d'autres considérations (pas toujours économiques d'ailleurs, et heureusement). Et ce mélange très particulier (et personnel) engendre soit un nouveau produit, soit une nouvelle méthode de production, soit un nouveau marché, soit l'acquisition d'une nouvelle matière première, soit encore une nouvelle organisation du travail. Or toutes ces nouveautés ont pour principal effet de briser la routine du circuit économique. En d'autres termes, l'innovation permet de transformer le système sur un plan structurel et qualitatif. Elle est le moteur essentiel de notre "mode de développement".
Ce que l'économiste Joseph Schumpeter nous apprend est que les évolutions engendrées par l'innovation ne sont pas linéaires. Elles se font de manière heurtée et discontinue. En deux mots, lorsque des innovations apparaissent, elles donnent naissance à une phase de prospérité : les entrepreneurs innovants investissent, les marchés s'adaptent aux nouveautés, et ceux qui ne peuvent (ou ne veulent) suivre la marche de l'innovation enregistrent des pertes, voire disparaissent. Puis, une fois que le système économique s'est adapté à la dernière vague d'innovation, il rentre dans une phase de récession : les investissements cessent parce que les nouveautés sont maitrisées et généralisées, les débouchés se raréfient, la consommation ralentit, les entreprises les moins performantes disparaissent. Pour Schumpeter, la récession est le signal qu'une nouvelle vague d'innovation est nécessaire pour faire évoluer de nouveau - sur les plans qualitatifs et structurels - le système économique.
En d'autres termes, le capitalisme a horreur de la stagnation. Dès qu'il maitrise une nouvelle technologie ou une nouvelle technique, il ressent le besoin de passer immédiatement à autre chose. Et si les entrepreneurs ne lui apportent pas satisfaction par l'innovation, le système rentre en crise.
Je viens sans doute de résumer de manière trop simpliste des processus qui ne le sont absolument pas. Chaque crise est particulière, et s'il est exact de dire que les cycles de l'économie se reproduisent toujours dans leurs grandes lignes, ils ne sont jamais parfaitement identitiques.
Pour autant, l'analyse de Schumpeter (dont on ne peut quand meme pas dire qu'il ne maitrise pas son sujet) vient conforter ce que nous, écologistes de CAP 21, disons depuis toujours : la configuration actuelle du capitalisme - marquée par la consommation de masse, le recours aux énergies fossiles, la pratique excessive d'activités polluantes, etc... - touche à son terme. Et si nous entrons aujourd'hui en période de récession, c'est bien le signe (économique, cette fois) que le système est à bout de souffle.
La solution est donc devant nous. Nous sommes condamnés à INNOVER. Nous devons accepter l'idée d'en finir avec les marchés traditionnels, de nous séparer des méthodes traditionnelles de production, de lancer des nouveaux produits, d'adapter nos institutions et nos politiques publiques aux mutations contemporaines du capitalisme.
Contrairement à ce qu'avancent les "gauches" rétrogrades et anti-capitalistes, le problème ne vient pas de notre système. Il vient de la manière dont nous nous servons de notre système. Nous sommes collectivement responsables des crises que nous subissons, parce que nous refusons depuis 20 ans de changer notre rapport à l'économie et à l'industrie. Nos gouvernements (et donc nous, en tant qu'électeurs) avons systématiquement sous-estimé les premiers signaux écologiques et sanitaires qui nous indiquaient que le système était en train de "planter". Aujourd'hui, nous sommes contraints - le Gouvernement est contraint - de prendre très au sérieux le signal économique qui vient d'apparaitre. Mieux vaut tard que jamais.
La perspective de la récession est donc peut etre une bonne nouvelle, finalement. Car pour s'en sortir, nous allons devoir changer le système économique sur le plan qualitatif. Et si nous parvenons à innover dans le sens du respect des Hommes et de l'environnement, nos sociétés pourront enfin engager un véritable "développement soutenable".
Reste à savoir si nos gouvernants et nos entrepreneurs ont réellement envie d'innover dans cet état d'esprit. Vont-ils enfin investir massivement dans les énergies renouvelables (dont je rappelle au passage que l'énergie nucléaire n'en fait pas partie !!), dans l'économie sociale et solidaire, dans l'éco-urbanisme, dans l'agriculture biologique et raisonnée, dans les transports sains, dans l'économie hydogène, dans la Recherche fondamentale... ?? Rien n'est moins sur, hélas.
J'en tire donc une conclusion politique, qui certes ne surprendra personne au regard de mes engagements, mais qui me semble s'imposer comme une évidence : les Français ont besoin plus que jamais des écologistes pour les aider à sortir "par le haut" de la récession. Seuls les écolos sont capables, aujourd'hui, de pousser l'innovation vers le viable (équilibre entre l'écologique et l'économique), vers le vivable (équilibre entre l'écologique et le social) et vers l'équitable (équilibre entre le social et l'économique). Nous avons déjà les solutions. Il suffit de nous donner l'occasion de les mettre en oeuvre.
Une mise en garde toutefois. Si la France à besoin des écologistes, elle n'a pas besoin de tous les écologistes. Car certains d'entre nous sont tellement obsédés par l'analyse anti-capitaliste (je pense particulièrement aux amis de Cécile DUFLOT, actuelle n°1 des Verts) qu'ils dressent le mauvais diagnostic de la situation économique actuelle. Il faut donc que les électeurs soient attentifs aux discours des uns et des autres.
En d'autres termes, nous devons apprendre à etre RESPONSABLES en tant qu'électeurs. Nous ne devons pas faire nos choix en fonction d'une étiquette politique, mais en fonction des discours et des propositions qui nous sont faits. La période de récession qui se dresse devant nous nous invite à nous impliquer davantage dans la manière de faire évoluer le système économique. Elle nous invite également à etre extremement vigilents à l'égard de ceux que l'on portera au pouvoir pour résoudre les crises.
La récession n'est pas une fatalité. Elle est avant tout un défi à l'innovation. A nous de le relever, de la façon la plus intelligente possible, aussi bien du point de vue économique que politique. La prospérité est au bout du chemin... attention toutefois à ne pas prendre le mauvais.
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