Les bigoteries anti-républicaines d'un Président-chanoine !
"La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les restrictions édictées dans l'intéret de l'ordre public." (Article 1er de la loi de 1905)
"Le République ne reconnait, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". (Article 2 de la loi de 1905)
Qu'est-ce qui peut bien pousser Nicolas SARKOZY, Président de la République de son état, à faire ainsi "copain-copain" avec Benoit XVI, Pape de son Etat, et torpiller ainsi qu'ils l'ont fait ensemble le principe de la Laicité ? Quelle est cet étrange rencontre qui fait planer au-dessus de la France l'ombre fantomatique du néo-conservatisme ? Depuis ce week-end, il est devenu clair que nous nous sommes tous trompés : ce n'est pas que Nicolas SARKOZY soit l'ami de George W. Bush qui est inquiétant... c'est que Nicolas et Georges Junior soient tous deux amis avec les memes hauts dignitaires religieux !
Le néo-conservatisme est un projet politique. Il est une idéologie mondialisée, dont l'un des piliers est la soumission des Hommes à la Loi de Dieu (n'importe lequel, cela n'a aucune importance) plutot qu'à la Loi des Hommes (c'est ça, le truc important). On doit faire "espérer" le citoyen, pour ne pas qu'il regarde sa vie quotidienne en face. Oui, lorsque la Religion est le support d'un projet politique, elle est "l'Opium du Peuple" que Marx - mais aussi l'ensemble des défenseurs de la Laicité - ont toujours combattu. L'anesthésie est douce, mais l'opération est violente.
La montée du "créationnisme" dans les couches populaires est flagrante (conséquence de l'implantation massive des Eglises prédicatrices américaines dans les quartiers), la réintégration des organisations catholiques intégristes est préoccupante, de meme que l'idée de ficher indirectement l'orientation sexuelle (cf. Edwige). Que penser encore de la mobilisation publique de plus en plus importante contre le droit d'avortement dans certaines régions du Monde (et notamment en Europe) ?
Le néo-conservatisme est la réponse politique des Eglises et institutions religieuses face à la concurrence plus "électrique" qu'elles se livrent. Ce qu'elles "vendent", c'est un ensemble de dogmes et de précepts moraux rigides, qui structurent la société selon leur propre approche, et qui autorisent les citoyens les plus pauvres et les plus désespérées de s'affranchir des lois et du Droit. Le problème n'a jamais été de croire : c'est là la plus élémentaire des Libertés ! Le problème est de croire que l'on peut justifier, par le spirituel, le non respect de la règle collective républicaine... nuance.
L'on va me dire que ce n'est pas le projet du Vatican, ou de toute autre Eglise... mais qu'ils regardent ce qui se passe en Europe centrale, en Pologne, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, en Afrique... qu'ils lisent les publications théologiques de Benoit XVI... qui peut encore affirmer naivement que l'Eglise catholique (mais elle est loin d'etre la seule) ont renoncé à faire primer le "monde spirituel" dont ils seuls les seuls relais. Ce week-end encore, le Pape a rappelé : "La recherche de Dieu et la disponibilité à l'écouter, demeure aujourd'hui encore le fondement de toute culture véritable". Désolé, mais l'on a le droit de ne pas etre d'accord avec ça (meme lorsque l'on est croyant) !
Elle est là, l'essence profonde de la Laicité. La République garantit une société fondée sur l'écoute de la Loi - et non de Dieu - et constitue seule le fondement de notre culture véritable ! C'est ça que la France républicaine voulait que le Président de la République dise au Pape. C'est tout l'inverse qui s'est produit...
Quand Benoit XVI affirme qu' "une culture sans Dieu serait "une capitulation de la raison" (comprenons : un culture sans Dieu est une folie), et prolonge en disant : "en ce moment historique où les cultures s'entrecroisent, une nouvelle réflexion sur le vrai sens et l'importance de la laïcité (était) devenue nécessaire" (comprenons : il faut réformer le Droit français pour permettre aux religions de prospérer et d'évoluer), Nicolas Sarkozy ne trouve rien de mieux que lui répondre : "Ce serait une folie de (se) priver (des religions), tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée (...) C'est pourquoi j'en appelle à une laïcité positive" (comprenons : "chuis tout à fait d'accord avec mon pote Benoit").
Voila ce qui a, en tout cas, excité toute l'aile néoconservatrice française : les amis de Christian Vanneste exultent. Ils vont enfin avoir les mains libres pour détricoter la conscience républicaine. Peut etre meme qu'ils vont s'appuyer sur Edwige pour lutter plus franchement contre les associations féministes, homosexuelles ou laiques. "Laicité positive" , c'est le nom de l'opération officielle qui vise à "bush-iser" la société française, ni plus, ni moins.
Pourquoi Nicolas Sarkozy adopterait-il une tactique différente de celle qui a permi à son compatriote idéologique de se faire réélire : il faut créer une ambiance sociale hautement anxiogène ; développer les communautés religieuses auprès des couches populaires et rurales, afin qu'elles leur transmettent un projet politique que les politiciens discrédités ne peuvent plus véhiculer ; susciter par ce biais le repli sur soi de petits groupes controlables, et promouvoir une société d'ordre, de surveillance et d'intrusion dans la vie privée. La "laicité positive" implique-t-elle que nos écoles acceptent de présenter les thèses créationnistes au meme titre que les thèses darwiniennes ?
Mais surtout, quels type de Président veulent-ils nous placer ? Des "messies" de l'espoir, qui peuvent échouer dans leur tache tant qu'ils se revendiquent d'appliquer la volonté de Dieu ? Avons-nous à ce point abdiqués les fondamentaux de 1789 ??!!
Comme tous les progressistes et républicains, je n'aime pas cette idée de fondre l'ordre public dans l'ordre religieux. L'Histoire de l'Humanité a trop souffert - et souffre encore cruellement - de cette macabre association. Nous devons nous battre pour maintenir les Religions dans la sphère du personnel et du privé, et dans le respect scrupuleux de la Loi républicaine. Il y a des "ruptures" qui sont fatales !
Oui à la liberté de croire ! Mais non au mirage néo-conservateur ! Ils ne nous feront pas croire que les convictions religieuses de l'autre sont importantes dans l'établissement de nos rapports. Seule la citoyenneté républicaine compte. C'est elle uniquement qui garantit la Liberté, l'Egalité et la Fraternité !
CARTON ROUGE, Monsieur le Président de la République !
"Le République ne reconnait, ne salarie ni ne subventionne aucun culte". (Article 2 de la loi de 1905)
Qu'est-ce qui peut bien pousser Nicolas SARKOZY, Président de la République de son état, à faire ainsi "copain-copain" avec Benoit XVI, Pape de son Etat, et torpiller ainsi qu'ils l'ont fait ensemble le principe de la Laicité ? Quelle est cet étrange rencontre qui fait planer au-dessus de la France l'ombre fantomatique du néo-conservatisme ? Depuis ce week-end, il est devenu clair que nous nous sommes tous trompés : ce n'est pas que Nicolas SARKOZY soit l'ami de George W. Bush qui est inquiétant... c'est que Nicolas et Georges Junior soient tous deux amis avec les memes hauts dignitaires religieux !
Le néo-conservatisme est un projet politique. Il est une idéologie mondialisée, dont l'un des piliers est la soumission des Hommes à la Loi de Dieu (n'importe lequel, cela n'a aucune importance) plutot qu'à la Loi des Hommes (c'est ça, le truc important). On doit faire "espérer" le citoyen, pour ne pas qu'il regarde sa vie quotidienne en face. Oui, lorsque la Religion est le support d'un projet politique, elle est "l'Opium du Peuple" que Marx - mais aussi l'ensemble des défenseurs de la Laicité - ont toujours combattu. L'anesthésie est douce, mais l'opération est violente.
La montée du "créationnisme" dans les couches populaires est flagrante (conséquence de l'implantation massive des Eglises prédicatrices américaines dans les quartiers), la réintégration des organisations catholiques intégristes est préoccupante, de meme que l'idée de ficher indirectement l'orientation sexuelle (cf. Edwige). Que penser encore de la mobilisation publique de plus en plus importante contre le droit d'avortement dans certaines régions du Monde (et notamment en Europe) ?
Le néo-conservatisme est la réponse politique des Eglises et institutions religieuses face à la concurrence plus "électrique" qu'elles se livrent. Ce qu'elles "vendent", c'est un ensemble de dogmes et de précepts moraux rigides, qui structurent la société selon leur propre approche, et qui autorisent les citoyens les plus pauvres et les plus désespérées de s'affranchir des lois et du Droit. Le problème n'a jamais été de croire : c'est là la plus élémentaire des Libertés ! Le problème est de croire que l'on peut justifier, par le spirituel, le non respect de la règle collective républicaine... nuance.
L'on va me dire que ce n'est pas le projet du Vatican, ou de toute autre Eglise... mais qu'ils regardent ce qui se passe en Europe centrale, en Pologne, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis, en Afrique... qu'ils lisent les publications théologiques de Benoit XVI... qui peut encore affirmer naivement que l'Eglise catholique (mais elle est loin d'etre la seule) ont renoncé à faire primer le "monde spirituel" dont ils seuls les seuls relais. Ce week-end encore, le Pape a rappelé : "La recherche de Dieu et la disponibilité à l'écouter, demeure aujourd'hui encore le fondement de toute culture véritable". Désolé, mais l'on a le droit de ne pas etre d'accord avec ça (meme lorsque l'on est croyant) !
Elle est là, l'essence profonde de la Laicité. La République garantit une société fondée sur l'écoute de la Loi - et non de Dieu - et constitue seule le fondement de notre culture véritable ! C'est ça que la France républicaine voulait que le Président de la République dise au Pape. C'est tout l'inverse qui s'est produit...
Quand Benoit XVI affirme qu' "une culture sans Dieu serait "une capitulation de la raison" (comprenons : un culture sans Dieu est une folie), et prolonge en disant : "en ce moment historique où les cultures s'entrecroisent, une nouvelle réflexion sur le vrai sens et l'importance de la laïcité (était) devenue nécessaire" (comprenons : il faut réformer le Droit français pour permettre aux religions de prospérer et d'évoluer), Nicolas Sarkozy ne trouve rien de mieux que lui répondre : "Ce serait une folie de (se) priver (des religions), tout simplement une faute contre la culture et contre la pensée (...) C'est pourquoi j'en appelle à une laïcité positive" (comprenons : "chuis tout à fait d'accord avec mon pote Benoit").
Voila ce qui a, en tout cas, excité toute l'aile néoconservatrice française : les amis de Christian Vanneste exultent. Ils vont enfin avoir les mains libres pour détricoter la conscience républicaine. Peut etre meme qu'ils vont s'appuyer sur Edwige pour lutter plus franchement contre les associations féministes, homosexuelles ou laiques. "Laicité positive" , c'est le nom de l'opération officielle qui vise à "bush-iser" la société française, ni plus, ni moins.
Pourquoi Nicolas Sarkozy adopterait-il une tactique différente de celle qui a permi à son compatriote idéologique de se faire réélire : il faut créer une ambiance sociale hautement anxiogène ; développer les communautés religieuses auprès des couches populaires et rurales, afin qu'elles leur transmettent un projet politique que les politiciens discrédités ne peuvent plus véhiculer ; susciter par ce biais le repli sur soi de petits groupes controlables, et promouvoir une société d'ordre, de surveillance et d'intrusion dans la vie privée. La "laicité positive" implique-t-elle que nos écoles acceptent de présenter les thèses créationnistes au meme titre que les thèses darwiniennes ?
Mais surtout, quels type de Président veulent-ils nous placer ? Des "messies" de l'espoir, qui peuvent échouer dans leur tache tant qu'ils se revendiquent d'appliquer la volonté de Dieu ? Avons-nous à ce point abdiqués les fondamentaux de 1789 ??!!
Comme tous les progressistes et républicains, je n'aime pas cette idée de fondre l'ordre public dans l'ordre religieux. L'Histoire de l'Humanité a trop souffert - et souffre encore cruellement - de cette macabre association. Nous devons nous battre pour maintenir les Religions dans la sphère du personnel et du privé, et dans le respect scrupuleux de la Loi républicaine. Il y a des "ruptures" qui sont fatales !
Oui à la liberté de croire ! Mais non au mirage néo-conservateur ! Ils ne nous feront pas croire que les convictions religieuses de l'autre sont importantes dans l'établissement de nos rapports. Seule la citoyenneté républicaine compte. C'est elle uniquement qui garantit la Liberté, l'Egalité et la Fraternité !
CARTON ROUGE, Monsieur le Président de la République !
La chronique de Caroline FOUREST... cela fait réfléchir !
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