Ceci n'est pas un Congrès du Parti Socialiste

René Magritte
Alors que le Congrès de Reims s’ouvre dans une désharmonie qui est devenue traditionnelle, les citoyens qui tentent (vainement) de s’intéresser au PS pour autre chose que la guerre des présidentiables s’interrogent. Le front anti-Royal n’est pas seulement le reflet d’ambitions plurielles. Il est aussi et surtout l’arbre qui cache la « déforestation des idées » socialistes.
En tout cas, c’est la brindille qui essaie ridiculement de cacher l’absence de changements doctrinaux. Comment peut-il en etre autrement ? Martine Aubry, qui avait la charge jusqu’à présent de produire la pensée sociale du parti, est à deux doigts de conclure une alliance avec celui qui était, jusqu’à aujourd’hui, responsable du volet « Europe » (Benoit Hamon). Sont également parties prenantes de ce « pacte » d’amitié : Claude Bartelone (Secrétaire national à la Communication), Alain Vidalies (… aux entreprises), Claude Roiron (… à l’Education) Yves Durand (… à l’Enseignement supérieur et la Recherche), Vincent Léna (… à la solidarité urbaine), Laurence Rossignol (… au femmes), François Lamy (… à la vie associative), Marylise Lebranchu (… à la Maison des élus {??}) , Paul Quilès (Défense et Responsable national aux questions stratégiques), Marie-Noelle Linnemann (« spécialiste des questions de logement)… Et pour peu que les amis de Delanoe les rejoignent plus ou moins explicitement, vous rajoutez à la liste Michel Sapin (Secrétaire national à l’Economie), ou encore Anne-Hidalgo (… à la Culture)… Bref, tous ces éminents « cerveaux » qui ont construit le projet socialiste actuel, et qui promettent à qui veut bien les entendre, qu’ils vont en rédiger un nouveau.
En fait, non. Les citoyens ne s’interrogent plus : ils doutent. Une simple réorganisation des organigrammes ne peut manifestement pas suffire, meme si elle porte en son sein l’alternance au poste de Premier Secrétaire. Oui, la communication va changer. Non, le style ne sera plus le meme. Certaines convictions seront accentuées, d’autres seront atténuées. Les méthodes militantes seront rénovées, les sections seront re-découpées (c’est déjà le cas, au moins à Aix), les interviews viseront des visages moins habituels. Mais le fond ? La substance intellectuelle qui initie les analyses et proposent les réponses ? Quelle est cette étrange « révélation mystique » qui a subitement frappé nos « intellos » socialistes au point de les faire renoncer à ce qu’ils croyaient juste il y a quelques semaines à peine ?
Les citoyens ne doutent plus : ils sont surs. Le Congrès de Reims va effectivement changer le Parti socialiste, mais uniquement sur la forme, c’est-à-dire sur tout sauf l’essentiel. Ils pensent sans doute que si les Français leur ont préféré Nicolas Sarkozy en 2007, et Jacques Chirac avant lui, c’est uniquement parce qu’ils ont fait leur choix à partir d’une « image », un phrasé, un lancé de « slogans » bien trouvés… que si Ségolène Royal emporte d’une courte tete la majorité (très) relative du parti, c’est parce qu’elle est avant tout un produit médiatique que n’était pas François Hollande… qu’il suffit de changer la distribution pour changer la pièce.
Vous allez me trouver ma question un peu polémiste, mais bon, la sensation est bien réelle : ils seraient pas un peu convaincus, au PS, que nous sommes tous des idiots ?